Shift-story, c’est un long métrage et soixante et une chroniques.
Shift-story, c’est un temps de travail, c’est un décalage.
Shift-story, c’est un coursier, c’est son quotidien.
Shift-story, c’est une pesanteur, un rythme à tenir, un épuisement, une respiration.
Shift-story, c’est une confrontation, entre le jour et la nuit, l’hiver et l’été, lenteur et rapidité.
Shift-story, c’est un dialogue entre l’image et le texte.
Shift-story, c’est une voix féminine.
Shift-story, c’est une solitude trop entourée.
Shift-story, c’est un petit rien, de l’insignifiant, un détail au milieu de tout ça.
Shift-story, c’est une longue ballade.
Shift-story, c’est une écriture, une forme, des couleurs, une géométrie.
Shift-story c’est un petit carnet noir, un grand cahier à spirale, un petit cahier conquérant, des p’tites fiches quadrillées dans un petit classeur bleu.
Shift-story, c’est pas une vie, c’est un ras le bol, à peine une poésie et une certaine envie.
Shift-story, c’est un personnage, dans un parc, sur un banc, dans le froid, que seuls les pigeons voient et personne ne s’arrête. Il écrit entre deux commandes, il écrit jusqu’à ce que ça sonne, il écrit pour ne pas fumer. L’histoire peut-être courte, chaque phrase peut-être une fin…
Le film Shift-story, tout en gardant une certaine forme esthétique propre aux productions vidéos de coursiers, ajoute, presque en contrepied à celle-ci, la monotonie, la solitude, la lassitude mais aussi la poésie inhérentes au personnage et à ce métier.
Un « shift » était une période de minimum 3 heures de travail chez Deliveroo, nous étions payés à l’heure à l’époque, avec un revenu minimum garantie. Ce n’est plus le cas!
Je dédie ce film à tous mes collègues coursiers avec qui j’ai tant partagé.